Discours prononcé par Monsieur le Bourgmestre en hommage à Monsieur Théo Galle

Le jeudi 29 novembre 2018

 

Hommage à Monsieur Théo Galle le mercredi 21 novembre 2018

Théo, nous avions pris de bonnes habitudes.  Celles de te rencontrer régulièrement, de t’entendre et surtout de t’écouter.

Il y avait en toi comme un parfum d’éternité.

Tu nous as toujours semblé aussi solide que la tour de l’Abbaye, inusable comme ces rochers posés sur le lit de l’Amblève.

Et pourtant, le 16 novembre, nous dûmes nous rendre à l’évidence : Théo Galle n’était plus. Comme souvent dans ces tristes circonstances, une foule de souvenirs nous reviennent à la mémoire.

Homme de conviction, passionné, tu prenais toujours part avec vigueur aux discussions quel que soit le sujet.  D’abord, tu écoutais, tes doigts tapotant méthodiquement la table.  Puis, ton front se plissait, tes yeux se fermaient et enfin les mots et les phrases sortaient de ta bouche avec justesse, avec sagesse.  Et ensuite, venait régulièrement le traditionnel « mon vieux » que tu lâchais à ton interlocuteur quel que soit son âge saisissant ensuite son poignet comme pour le rassurer.

La présence des porte-drapeaux témoigne de ton attachement à notre Pays et tu rappelais toujours avec modestie ton engagement au sein des Brigades d’Irlande.

La tristesse que nous éprouvons toutes et tous aujourd’hui s’atténue quelque peu par le bonheur que nous avons eu de te connaître durant tant d’années.

Théo, tu as été un visionnaire.  Contre vents et marées souvent, dans la tourmente parfois, tu as œuvré à la renaissance de notre cité que les années de guerre avaient plongée dans la peine, le deuil et la précarité.  Avec une vingtaine de copains, vous estimez alors que, bien sûr sans tourner la page, il faut de nouveau rire et s’amuser à Stavelot.  La Confrérie des Blancs Moussis nait alors de cette volonté et l’an dernier, tu étais très fier de fêter le 70ème anniversaire, avant dernier survivant de cette croisade entamée pour rendre à Stavelot et à ses habitants un folklore authentique et reconnu au-delà de nos frontières.

Mais, nous te devons bien d’autres choses.  Tu as été un des premiers à prendre conscience du potentiel touristique de notre Commune.  Avec quelques personnes partageant tes espoirs et ton enthousiasme, vous reconstruirez la passerelle, le Musée de l’ancienne Abbaye sera recréé ainsi que plus tard celui du Circuit, ton préféré et sans exagérer presque ton bébé…  De multiples restaurations comme celle de la salle du Chapitre suivront ainsi que des expositions prestigieuses, prétextes même à une visite royale.  On reprendra également bêches et truelles pour fouiller le passé.

Forcément, un homme de ton envergure ne pouvait rester insensible à la politique locale.  Tu t’y engages avec fougue, tu franchiras les lignes et bousculeras les préjugés d’abord comme Conseiller communal et ensuite durant douze ans comme Echevin de l’Urbanisme entre- autres.

Tu seras alors au centre de ce que tu qualifiais toi-même de saga de la Rénovation Urbaine qui ne faisait que succéder à celle de la rue Massange et de sa célèbre grille.  Si la musique et les artistes avaient ta préférence, les sportifs obtinrent également auprès de toi une écoute bienveillante.  Surmontant l’obstacle d’éternels esprits chagrins, comme tu les qualifiais, le Collège de l’époque édifia en un temps record le Hall des Sports.  Il ne devait pas tenir, il tint et tient toujours.  Peu de mandataires ont un bilan tel que le tien.

Il était donc logique qu’en 2016, le Conseil communal t’octroie enfin le titre de Citoyen d’Honneur.  Tu l’acceptas avec l’humilité qui te caractérisait non sans avoir répondu favorablement à une de mes demandes : écrire un résumé de ton action politique et culturelle. Tu l’intitulas Pêle-Mêle de souvenirs de la vie communale par un « vieux Stavelotain ».  J’en garde précieusement un exemplaire dédicacé de ta main qui guidait toujours le stylo avec soin et délicatesse.

Enfin, je ne peux omettre de souligner le couple charmant que vous avez formé avec ton épouse durant plus de soixante-cinq ans.  C’était toujours un plaisir de vous voir arriver à nombre de manifestations, bras dessus bras dessous, tirés à quatre épingles et veillant toujours l’un sur l’autre.

Jean d’Ormesson a écrit « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ».

J’oserais, quant à moi, dire que ta vie fut vraiment belle et que nous sommes toutes et tous ici fiers d’en avoir partagé quelques moments.

Adieu Cher Théo, on t’aimait bien, repose en paix et merci pour tout. 

                                                                 Thierry de Bournonville,

                                                                 Le Bourgmestre.

                                                      

 

Publié le jeudi 29 novembre 2018 dans la catégorie Général.